Connexion-U pose une réflexion sur l’intention d’une constitution dans le contexte de la numérisation de la société, de son système financier et de reconfiguration géopolitique. 

Connexion-U est d’avis que le travail de terrain pour éduquer la population à la démocratie participative est un préalable à une assemblée constituante.

C’est ce à quoi oeuvre Connexion-U qui chapeaute Alternatives Citoyennes du Québec (ACQ), à travers de multiples outils de résilience et de stratégies d’actions populaires.

Réflexion constitutionnelle en contexte numérique et régionaliste pour une assemblée constituante

Rédigé par Sylvie Bergeron, pdg de Connexion-U – 26 janvier 2026

L’objectif de cette réflexion est de nommer l’importance de l’apport citoyen dans la rédaction du texte fondateur qu’est la constitution d’un État ou d’un pays. Également, nous ne pouvons parler de constitution sans le cadre international. Or la reconfiguration géopolitique multipôles qui pose des agressions illégitimes et illégales envers les souverainetés actuelles, exige que nous réfléchissions autrement l’intention de la constitution.

Ce nouveau visage international nous oblige à revoir même les règles de la société de droit devant plusieurs transformations sociétales bouleversantes. Selon nos observations, voici quelques points importants à considérer :

1 – DANS LE CONTEXTE OÙ le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a initié un projet loi 1, sans consulter le peuple, il est légitime pour les citoyens en faveur d’une assemblée constituante de vouloir se donner voix au chapitre pour apporter l’éclairage de la réalité de terrain ;

2 – DANS LE CONTEXTE OÙ la globalisation est remise en question pour reconfigurer le monde par région, les actions draconiennes du Président des États-Unis déstabilisent les pouvoirs souverains et le droit international, le Québec peut y trouver une occasion de confirmer sa souveraineté d’État ;

3 – DANS LE CONTEXTE OÙ un stratagème financier a permis la création de monopoles d’actifs au détriment de nos fleurons nationaux et de nos PME familiales, le peuple est en droit de sommer son gouvernement d’inclure des pare-feux anti-monopoles;

4- DANS LE CONTEXTE OÙ la conscience citoyenne a été réduite, surtout depuis 2020, à un statut de consommateur, à travers la mise en place accélérée des infrastructures numériques, nos constitutions risquent d’être surpassées par des «politiques de magasin» gouvernementales où la notion du clientélisme électoral pourrait être accrue au détriment de la démocratie ;

5 – DANS LE CONTEXTE OÙ les intelligences artificielles pourront prendre la place des fonctionnaires de l’État, et téléguider, sur la base d’algorithmes biaisés ou opaques, le labeur du peuple vers les intérêts des multinationales à travers un système de monnaie programmable, une imputabilité doit être prévue au texte pour les torts causés par des systèmes automatisés ou boites noires.

PRÉAMBULE 

1 – DANS LE CONTEXTE OÙ le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a initié un projet loi 1, sans consulter le peuple, il est légitime pour les citoyens en faveur d’une assemblée constituante de vouloir se donner voix au chapitre pour apporter l’éclairage de la réalité de terrain.

Cette réflexion sous-tend l’idée qu’il vaut mieux fonder le pays avant de rédiger une constitution avec la participation de constituants en assemblée.

Nous croyons qu’une assemblée constituante devrait développer une stratégie et un plan de communication AVANT la rédaction de la constitution et rédiger la constitution APRÈS la création du Québec pays.

Peu de pouvoirs supplémentaires réels

Une constitution québécoise adoptée par l’Assemblée nationale qui n’a pas préséance sur la Chambre des communes à Ottawa, apporterait peu de pouvoirs supplémentaires réels.

Tout parti fédéraliste mettant en scène la promesse d’une consultation populaire transpartisane, risque de se satisfaire de la valeur purement symbolique d’une constitution québécoise et ainsi la tabletter. En effet, rien dans l’acte de rédiger sa propre constitution ne réduira la prééminence de la Cour suprême sur les décisions du Québec. L’histoire montre que les lois votées par nos élus à l’Assemblée nationale sont régulièrement sujettes à des contestations par le fédéral.

Le vrai pouvoir du Québec

Une constitution statut en elle-même la souveraineté du peuple qui la rédige, pourvu qu’elle ne soit pas dominée par une autre instance.

Si un parti met en branle une vaste opération pour consulter la population sur ce qu’elle souhaite voir dans sa constitution, dans le but avoué et assumé de devenir indépendant du Canada, l’exercice apparait non seulement plus cohérent, mais moins à risque de rester sur les tablettes.

2 – DANS LE CONTEXTE OÙ la globalisation est remise en question pour reconfigurer le monde par région, les actions draconiennes du Président des États-Unis déstabilisent les pouvoirs souverains et le droit international, le Québec peut y trouver une occasion de confirmer sa souveraineté d’État.

L’année 2026 confirme le bouleversement de l’ordre mondial. De globaliste, le territoire redeviendra régionaliste et patriotique. Le Québec peut profiter de ce redessinage pour prendre sa place comme pays.

Plusieurs chercheurs font remarquer que la mondialisation fut propulsée par l’alliance néocolonialiste UK-USA qui se sont eux-mêmes impérialisés mutuellement.

Du même souffle, des chercheurs font l’hypothèse que la volonté du 47e président des États-Unis est de séparer son pays de l’Empire, en rompant les traités et en se détachant des organisation internationales. Briser cette alliance facilite la réorganisation des territoires et, de ce fait, une restructuration du commerce intérieur aux États-Unis.

Le Président souhaiterait en finir avec la globalisation qui, affirme-t-il, a pénalisé la nation américaine. Le monde se pensera dorénavant par région. C’est ce qui expliquerait les récentes actions stratégiques envers le Venezuela, l’Iran et le Groenland. 

Jamieson Greer, représentant américain du Commerce, explique que tous les pays occidentaux devraient réécrire les traités pour que nos pays retrouvent leur souveraineté et redonner un horizon commercial à nos populations. 

Le président Trump dirigerait ainsi une opération spectaculaire de reconfiguration géopolitique dont l’achèvement refondera les territoires en 3 à 5 blocs pour l’instant : Chine, Russie, Indes et les Amériques. Et pour y parvenir, il aimerait éliminer la principale source de nuisance qui retient tous les traités passés : l’Empire britannique.

Dans cette hypothèse, le Québec partagerait un ennemi commun avec les États-Unis. Pourrait-on alors penser à une négociation directe de partenariat commercial dans lequel, au mieux, Washington soutiendrait notre effort à nous séparer du Canada sous l’influence de la monarchie ? 

Dans la mesure où la puissance américaine nous obligerait à revoir nos traités passés, le droit international resterait-il la source de légitimation des territoires ? Mais gardons à l’esprit que bien avant Trump, l’Union européenne a fait fi de la voix du peuple en 2005 alors que les Français ont refusé, par référendum, de s’y joindre. Leur souveraineté s’en trouve affaiblie.

Après avoir transgressé le droit d’un peuple de s’autodéterminer (ici la France), l’Union Européenne a annoncé cette semaine vouloir devenir un 28e état. En vertu de quel droit international ?

Aujourd’hui, Trump bafouerait à son tour le droit international afin de détruire la globalisation liée aux traités passés, au profit du régionalisme.

Dans ce contexte inédit, nous pourrions poser cette réflexion au regard de la création du Québec pays :

QUESTIONS

  • Que valent les règles de droit et la société de droit dans cette guerre entre globalistes et régionalistes, si elles sont bafouées de part et d’autre ? Que devient le sens, l’intention d’une constitution ?
  • Devons-nous attendre que la refonte géopolitique se stabilise avant de rédiger notre constitution afin de l’établir sur de potentielles nouvelles règles internationales ?

La guerre entre les globalistes et les régionalistes semble l’occasion rêvée pour resituer le Québec tant sur le plan constitutionnel que commercial.

3 – DANS LE CONTEXTE OÙ un stratagème financier a permis la création de monopoles d’actifs au détriment de nos fleurons nationaux et de nos PME familiales, le peuple est en droit de sommer son gouvernement d’inclure des pare-feux anti-monopoles.

Nous savons aujourd’hui que la mondialisation a permis d’ouvrir la porte à la création de monopoles qui possèdent aujourd’hui la plupart de nos actifs. Depuis les années 1970, les stratagèmes des entreprises de capitaux d’investissement ont réduit la productivité du monde occidental.

Le Québec en a fait les frais comme ailleurs.

Ces grands propriétaires de nos actifs ont réussi à nous déposséder d’abord de nos fleurons québécois, et maintenant ils avalent nos entreprises familiales. Ils extraient chaque parcelle de notre valeur nationale.

Ainsi des détenteurs de capitaux hors sol réussissent à s’emparer et à liquider nos entreprises. Les stratagèmes bien connus des grandes compagnies d’actifs sont responsables de la paralysie de notre productivité. Ce qui inclut des demandes abusives de dérèglementation à notre gouvernement qui de l’autre côté sur-règlemente nos PME.

La mondialisation a créé une structure invisible d’extraction de richesses qui a conduit à l’émergence d’une élite dirigeante qui se situe au-dessus des lois. La globalisation a enraciné une culture de la financiarisation d’entreprises négative pour la production locale.

La population et les élus devraient avoir une bonne conversation à ce sujet pour sortir de l’hypocrisie. La stratégie de l’endettement ne produit rien. Elle ne génère ni la stabilité ni la richesse pour tous.

En s’attaquant aux globalistes, Trump promet de ramener l’économie sur le sol. L’histoire nous confirmera si, de manière très agressive, le Président remet aux mains de la classe moyenne son pouvoir perdu par la globalisation au profit de la Chine et des élites financières. Il vient d’ailleurs d’interdire aux multinationales de posséder les maisons des familles et aux compagnies d’assurance, il impose de réduire le
prix de leur prime. Ce faisant il contribue à redresser le mécanisme du
régime démocratique : le capitalisme libéral.

QUESTION

  • Sachant que la démocratie est créé par le capitalisme, que c’est lui qui génère la créativité individuelle inspiratrice de nos fleurons et PME, est-ce qu’une constitution peut se protéger contre l’appétit des banques et des détenteurs de capitaux ?

4- DANS LE CONTEXTE OÙ la conscience citoyenne a été réduite, surtout depuis 2020, à un statut de consommateur, à travers la mise en place accélérée des infrastructures numériques, nos constitutions risquent d’être surpassées par des «politiques de magasin» gouvernementales où la notion du clientélisme électoral pourrait être accrue au détriment de la démocratie.

La reconfiguration en blocs régionaux internationaux présente des signes autoritaristes indéniables. Le citoyen dorénavant considéré comme un simple acheteur sera bientôt associé à un portefeuille d’identité numérique lié à son compte en banque. 

Ce nouveau statut de citoyen à consommateur permet à nos gouvernements de se soustraire de nos valeurs humanistes et de réduire les constitutions à une politique de magasin. D’un simple clic, nous acceptons tous les jours de nous soumettre à des multinationales.

Aux Etats-Unis et en Europe, les infrastructures et les nouvelles lois arriveront à maturité en 2027 pour une implantation formelle de l’identité numérique et une monnaie programmable en temps réelle (nous sommes déjà tracés depuis les années 1990). Il s’agit, pour ainsi dire, d’une prison invisible qui balisera la liberté d’expression.

Si l’Europe est à l’avant-garde, nous pouvons observer que l’ex-gouverneur des banques centrales, canadienne et britannique, devenu le premier ministre du Canada, Mark Carney, met déjà en marche ce projet numérique à la façon européenne. À l’instar de l’Europe, plusieurs lois liberticides (C-59, C-9) ont déjà vu le jour au Canada.

QUESTIONS

  • Est-ce que la fin de la globalisation et la reconfiguration des territoires régionalisés garantiront à nouveau l’épanouissement de nos démocraties ?

 SINON

  • Devrons-nous penser la constitution en fonction des règles de droits internationaux constamment bafouées ?
  • Parviendrons-nous à situer la constitution des pays autrement qu’en politiques de magasins et de commerces ?
  • Que deviendront nos droits et libertés individuelles dans ces dédales encore non identifiés par le droit national et international 
  • Aurons-nous encore besoin d’un texte de loi fondateur si le citoyen devient un consommateur téléguidé par l’État ?

5 – DANS LE CONTEXTE OÙ les intelligences artificielles pourront prendre la place des fonctionnaires de l’État, et téléguider, sur la base d’algorithmes biaisés ou opaques, le labeur du peuple vers les intérêts des multinationales à travers un système de monnaie programmable, une imputabilité doit être prévue au texte pour les torts causés par des systèmes automatisés ou boites noires. 

En Albanie, une ministre IA est déjà en poste. Vêtue de ses habits folkloriques, Madame Diella est la première intelligence artificielle qui fait partie d’un ministère. Cette boite noire présente le fort potentiel d’opacifier les responsabilités, d’éliminer les rivaux potentiels par programmation au profit des grands acteurs du numérique.

La tâche dans laquelle l’IA excelle est le traçage, la prévisibilité, le programmable. Il est donc facilement envisageable que les gouvernements préconiseront son usage dans le domaine de la surveillance.

Voilà bien le projet que le Président des USA. Donald J. Trump, mettra en place, une fois les régions stabilisées, à moins que les tensions ne dégénèrent en guerre.

Dans la mesure où chaque personne sera attachée à un portefeuille d’identité numérique géré par les banquiers, la difficulté de se constituer en dehors d’une hégémonie numérisée devient réelle.

La numérisation de nos avoirs permet aux banques de diriger notre comportement menaçant ainsi nos droits et libertés. L’ingérence numérique menace nos démocraties que ce soit par l’Empire du milieu ou par l’Empire Américain.

QUESTIONS

  • Si jamais la recomposition territoriale s’avère telle que Trump et les banques le souhaitent et que la gestion gouvernementale passe par un système de surveillance, quel rôle joueront dorénavant les constitutions ?
  • Les peuples pourront-ils encore s’exprimer à travers le capitalisme libéral ou nous dirigeons-nous vers un capitalisme géré par un parti unique pour chaque nouvelle région du monde?

CONCLUSION

Dans ce contexte extraordinaire de reconfiguration du territoire, le Québec a tout à gagner à devenir indépendant afin de défendre sa souveraineté intégrale, donc à travers des partenariats commerciaux libres de toute l’hégémonie britannique. Dans cette première étape, les États-Unis de Trump semblent s’aligner pour une dissociation d’avec la monarchie britannique et une revitalisation des souverainetés et du patriotisme de la République.

Le Québec pourrait se distinguer, innover pour être le premier à inspirer un droit international dans lequel une constitution peut prémunir un pays contre deux vecteurs majeurs de déshumanisation :

  • Les monopoles extracteurs de nos richesses ;
  • La société de surveillance.

À ce titre, la situation semble toute fortuite pour un Québec souverain puisque nous partageons avec les États-Unis le même désir de nous libérer de l’emprise de l’Empire britannique. Mais nous avons une réflexion sérieuse et approfondie à faire sur la tentation autoritariste d’un gouvernement numérisé.

QUESTIONS

  • Comment ne pas nous diriger vers une société surveillée par des algorithmes ?
  • Comment le Québec peut-il constituer une démocratie participative pour assurer sa souveraineté ?

Répondre à ces questions, c’est chercher à préserver la liberté de notre humanité.