La transpartisanerie

Connexion-U propose une réflexion sur les enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle dans le cadre de la rédaction d’une constitution.

Le chef du PLQ, Charles Milliard, se dit dorénavant ouvert à la tenue transpartisane d’une consultation populaire qui jetterait les bases de la constitution du Québec.

Paul St-Pierre-Plamondon reçoit cette nouvelle d’abord comme une reconnaissance explicite « que l’avenir constitutionnel du Québec est une vraie affaire » et exprime son accord sur ce point. 

Cependant, le chef du parti québécois demande des explications à M. Milliard sur ce qu’il décrit comme un aveu d’échec envers la constitution canadienne. 

Un exercice démocratique s’impose

Après l’initiative du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, qui a pris la plume seul dans l’exercice de rédiger une constitution, cette annonce libérale arrive comme une bouffée d’air pour la démocratie.

Comment un gouvernement peut-il s’imaginer pouvoir écrire seul un texte fondateur sans même consulter ceux qu’il est supposé représenter et protéger ?

Connexion-U se réjouit que la constitution du Québec puisse fait l’objet d’une consultation transpartisane. L’ouverture du PLQ à cet égard est saluée.

Tester la bonne foi 

Toute la question de rédiger une constitution avant de faire un pays demeure. En effet, lorsque les partis liés à la fédération canadienne sont émotionnellement engagés dans une vision anglosaxonne multiculturelle du vivre ensemble, on peut se demander pourquoi réécrire une constitution qui existe déjà : la constitution de 1982, que le Québec n’a jamais signée.

La Cour Suprême a démontré plusieurs fois que son jugement était plus favorable à effacer le Québec qu’à le renforcer. 

La contestation judiciaire sur la laicité de l’État qui débute le 16 mars 2026 est la preuve que beaucoup de Canadiens, et de plus en plus nombreux au Québec, en sont venus à internaliser les valeurs juridiques anglosaxonnes, à savoir le multiculturalisme.

Le multiculturalisme et l’immigration vont de paire. Et c’est bien sur cette question que l’emballement émotif provoque le plus de restriction dans la défense de l’identité québécoise.

Nous savons par l’histoire que le projet de Lord Durham d’assimiler le Québec se poursuit avec des moyens plus sournois mais très efficaces. Le Dominion a toujours su utiliser les gens et les dresser les uns contre les autres, dans toutes ses colonies.

Ainsi le gouvernement fédéral oppose notre tradition juridique à la sienne comme si la leur avait une valeur morale supérieure, alors qu’elle n’est qu’une autre manière de vivre ensemble (voir notre entrevue avec Me François Côté qui défendra le Québec).

Ainsi, plus le fédéral pointe du doigt notre identité juridique propre, plus il en vient à infantiliser, à humilier, à faire sentir le Québec coupable d’avoir sa propre culture et de la valoriser sur notre territoire. Cette opération psychologique en dit long sur la bonne volonté des fédéralistes à voir le Québec s’épanouir tel qu’il est. 

Dans ce contexte, peut-on croire le PLQ lorsqu’il propose une consultation transpartisane, au moment où toutes les contestations judiciaires contre la loi 21 et la loi 96 proviennent d’associations québécoises fédéralistes ?

À ce sujet, le chef du PQ, Paul St-Pierre-Plamondon demande à M. Milliard s’il s’engage à « exiger du fédéral de renoncer à contester les lois adoptées démocratiquement par l’Assemblée nationale » et « à inscrire le caractère laïque et francophone du Québec dans notre constitution ».

Le chef du PLQ devrai faire la démonstration de sa bonne foi transpartisanne.

Peu de pouvoirs supplémentaires réels

Une constitution québécoise adoptée par l’Assemblée nationale qui n’a pas préséance sur la Chambre des communes à Ottawa, apporterait peu de pouvoirs supplémentaires réels.

En mettant en scène la promesse d’une consultation populaire transpartisane, le PLQ se satisfera certainement de la valeur purement symbolique d’une constitution québécoise. 

Est-ce plutôt une stratégie du PLQ pour éloigner le PQ du pouvoir et ainsi piger dans les 27% des souverainistes encore convaincus ?

Une constitution menée par le PLQ – si tant est qu’une fois au pouvoir il poursuivait la démarche – ne changera pas la prééminence de la Cour suprême sur les décisions du Québec. Le PLQ le sait. Et cette logique vaut pour Québec Solidaire, qui a démontré son allégeance à la monarchie à maintes reprises.

À quoi bon réaliser cette coûteuse opération, si c’est pour lui donner valeur de symbole, aussi bien dire : pour la tabletter ?

Le vrai pouvoir du Québec

Une constitution statut en elle-même la souveraineté du peuple qui la rédige, pourvu qu’elle ne soit pas dominée par une autre instance.

Si le PQ met en branle une vaste opération pour consulter la population sur ce qu’elle souhaite voir dans sa constitution, dans le but de devenir indépendant du Canada, l’exercice apparait non seulement plus cohérent, mais moins à risque de rester sur les tablettes.

Pour protéger notre identité, notre langue, notre culture, nous avons des lois. Et les libéraux s’en accommodent. 

Malheureusement nos lois, votées par nos élus, à l’Assemblée nationale, sont constamment sujettes à des contestations par le fédéral.

Comment le PLQ peut-il à la fois accepter que ses propres électeurs contestent notre identité juridique civique et, du même souffle, contribuer à une constitution dans les intérêts du Québec, de son peuple et de son identité ? M. Milliard devra s’expliquer.

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